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Je ne sais pas trop pourquoi j'ai lancé cette invitation, je suis
d'ordinaire très maladroit avec les filles, même les moches.
Alors là
Que vais-je pouvoir lui raconter ? Ma vie ? La
pauvre
On s'installe en terrasse.
17 heures 25. Je me sens plutôt heureux : je suis aux côtés
de la plus jolie fille du monde. Elle va moins bien : elle devra annoncer
la mauvaise nouvelle à sa mère. C'est sa voiture. Puis elle
me parle un peu d'elle, s'y sentant obligée, sous le feu de mes
questions indiscrètes. Non seulement Violette est belle, mais elle
est cultivée. De plus, ses propos, son sourire, ses yeux me parfument
de très agréables odeurs positives. Mon yang
Elle
est étudiante en troisième année de sociologie. Parallèlement,
elle exerce la fonction de clown hospitalier. Une réelle passion,
qui lui permet d'atténuer la souffrance des enfants. Son nez rouge
calme la douleur de ces mômes en détresse, me certifie-t-elle.
Pourtant, mon père avait bien souvent le nez rouge, lui aussi le
soir, et, au niveau de mes souffrances, c'était plus l'inverse
qui se produisait. Il n'avait pas dû suivre la bonne formation
Parfois, Violette s'interrompt et m'incite à lui parler de moi.
J'essaie d'apporter des réponses sensées, de faire de belles
phrases. J'ai peur d'être ridicule. À la fin de mes réponses,
je ne me souviens plus toujours du début des questions. Je parle
de mon rien, je pense à mon tout. Ce n'est pas grave, la Belle
reste avec moi.
Extrait
de la nouvelle "Cardiotomie nécessaire", du recueil "C'est
après qu'on s'en rencontre", de Xavier Petit.
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